Le GAEC des Sources Vives fait figure de pionnier dans la connectivité des élevages ! Il y a 10 ans, au moment du rapprochement de deux exploitations, Anthony Marre, son père, Michel et son cousin, David ont confié à Manhaval Fabre la robotisation de leur élevage laitier. Après une décennie, ils ne reviendraient en arrière «pour rien au monde».
Au GAEC des Sources vives, sur la commune du Bas Ségala, les trois associés savent tout de leurs vaches sur tout : production de lait, qualité du lait, détection des chaleurs, des gestations, problème de santé, besoins en alimentation… Il y a 15 ans, l’élevage qui a fait le choix de «basculer totalement en lait» a en effet, pris le virage des nouvelles technologies pour le suivi global du troupeau grâce au logiciel développé par Manhaval Fabre «Un gros investissement au départ mais qui a été réfléchi et anticipé et dont nous avons rapidement récolté les fruits», analyse Anthony, associé avec son père Michel et son cousin, David. Sur une surface identique de 180 ha, les trois associés sont passés à 200 vaches laitières, 2,2 millions de litres de lait collectés par SODIAAL et 4 robots de traite. «Tout a été pensé au départ pour arriver à cet objectif : le bâtiment, le logiciel, les équipements informatiques… mais nous ne pensions pas l’atteindre aussi vite !», raconte Anthony, «On sait tout sur tout de nos vaches» ! satisfait de l’accompagnement. En effet, d’une production moyenne de 8 500 litres en 2015, le troupeau a atteint 10 000 litres dès la première année «tout en gardant la qualité», précise l’éleveur. «En 10 ans, nous sommes passés de 30 litres par vache à 40 ; de 33-34 de TP à 35 et de 43 de TB à 45», illustre-t-il. «Quatre robots ça peut paraître beaucoup mais il y a nettement moins de pression, les vaches sont libres et passent jusqu’à trois fois par jour en moyenne donc elles donnent plus de lait et les mamelles sont moins sollicitées. Les robots ne sont pas saturés, leur temps de veille est passé de 1-2% à 10-20%». Ils sont d’ailleurs équipés d’une porte intelligente qui sélectionne les priorités des vaches en fonction de leur stade de lactation, de leur statut (primipare, multipare) : traite, alimentation.
Réactivité
«Grâce aux données collectées par le logiciel, nous avons gagné en réactivité : il nous trie les infos, nous oriente sur ce qu’il faut faire mais il ne fait pas à notre place ! Nous pouvons ajuster à l’instant T alors qu’avant nous devions attendre les résultats d’analyse et il était peut-être déjà trop tard», avance Anthony. Grâce au Herd Navigator, les éleveurs disposent d’indicateurs sur la santé de leurs vaches. Ce «mini laboratoire à la ferme» fournit par exemple le taux de progestérone des vaches dans en fonction des animaux, de leur cycle… et des analyses de fourrages travaillées avec un nutritionniste. «Le logiciel adapte la dose de concentré à la production et à l’animal». leurs premiers jours de lactation et conseille sur la meilleure période d’insémination : «je ne loupe pas de chaleur et je connais même le pourcentage de réussite de façon à orienter les inséminations vers des semences sexées ou du croisement».
Des données qui ont permis à l’élevage de réduire l’IVV de 415 jours à 375 jours, de maximiser la réussite des IA et donc de gagner en performance à la repro. Autre info délivrée par le Herd Navigator : la LDH, cette hormone présente dans le sang en cas d’infection. «Les résultats relevés par le logiciel nous permettent d’orienter le traitement en fonction du problème décelé (mammite, problème respiratoire…) voire de décider plus vite d’une réforme», explique Anthony. «L’instantanéité des résultats nous permet d’agir rapidement et donc de réaliser des économies dans le traitement et de préserver la qualité de notre lait pour une meilleure rémunération». Le Herd Navigator détecte également l’amaigrissement des vaches qui peut survenir après le vêlage : «On peut agir avant même de voir un changement d’état de nos bêtes… C’est ainsi que nous avons amélioré la préparation au vêlage». De même la détection automatique de l’urée dans le lait permet aux éleveurs d’ajuster les rations et éviter ainsi que le lait «ne parte à la fosse». Grâce à une table de calcul, l’alimentation est ajustée automatiquement par le robot, Anthony aime comparer ses vaches à des sportives de haut niveau : «si nous voulons qu’elles soient performantes, il faut savoir analyser leurs données et agir en conséquence.
Cela nécessite une remise en question permanente et d’y consacrer du temps» (environ une heure répartie dans la journée sur l’ordinateur, dans le bureau de la ferme ou sur son smartphone). «On peut prendre en main le logiciel à distance, ça limite le stress pour tout le monde, les vaches comme les éleveurs !». «Clairement, cet outil de suivi du troupeau nous a permis de progresser. Avant on travaillait au feeling, désormais l’outil nous donne des données précises, fiables qui nous permettent de cibler nos actions, de mieux connaître nos coûts de production et ainsi les ajuster… Avec cet outil on sait tout sur tout de nos vaches. Nous disposons de tous les éléments pour travailler et prendre les meilleures décisions à condition d’être pro-actifs», résume Anthony. «Avec de tels outils, notre métier est attractif», conclut Anthony, convaincu que «la robotisation est l’avenir de la production laitière». Pour preuve, la ferme accueille régulièrement des stagiaires et apprentis et aujourd’hui, elle finalise l’embauche d’une salariée à temps plein.
Source : Eva DZ, Volonté paysanne 28 mai 2026.




