Comment produire davantage de fourrages et de protéines sur son exploitation, tout en limitant les achats extérieurs et en s’adaptant aux contraintes locales ? Depuis cinq ans, c’est la question à laquelle répond le GIEE CAUVALPRO, porté par Caudeval Conseil avec un groupe d’éleveurs des Causses du Lot et des vallées du Lot et du Célé.
CAUVALPRO EN CHIFFRES
- 8 agriculteurs à l’origine du projet
- 7 exploitations suivies dans le rapport d’essais de la 4e année
- 22 essais conduits sur la campagne de la 4e année
- 41 modalités comparées : 34 en fourrage et 7 en grain
Né à l’initiative de huit agriculteurs souhaitant travailler collectivement sur leurs problématiques techniques, le projet s’est construit autour d’une idée simple : tester les solutions directement dans les exploitations avant de les recommander plus largement.
Des essais menés dans les conditions réelles des exploitations
Contrairement aux expérimentations conduites en station, les essais du GIEE sont réalisés chez les agriculteurs. Chaque technique est observée dans des contextes pédoclimatiques variés, avec les contraintes réelles des exploitations.
Au fil des campagnes, plusieurs pistes ont été évaluées : les méteils (mélanges céréales-protéagineux), la luzerne, les prairies multi-espèces, les associations ray-grass/légumineuses, la féverole ou encore les implantations de prairies sous couvert.
L’objectif n’était pas seulement de mesurer les rendements. Les agriculteurs et les techniciens ont également suivi la qualité des fourrages, le comportement des cultures face aux adventices, les besoins en fertilisation ainsi que les coûts de production, en intégrant les semences, la mécanisation, la main-d’œuvre et les intrants.
Des résultats utiles pour les adhérents
Au terme de cinq années de travail, le principal enseignement est clair : il n’existe pas de solution universelle.
Certaines pratiques ont confirmé leur intérêt dans les conditions locales. D’autres, pourtant prometteuses sur le papier, se sont révélées moins adaptées selon les types de sols, les niveaux de salissement ou les systèmes d’élevage.
Cette approche permet aujourd’hui de disposer de références techniques locales, construites à partir de données mesurées sur le terrain. Un atout précieux pour affiner les conseils apportés aux adhérents et accompagner les choix techniques en fonction des réalités de chaque exploitation.
Une dynamique collective qui fait la différence
La réussite de CAUVALPRO repose avant tout sur l’implication des agriculteurs. Les participants observent, échangent leurs résultats, confrontent leurs expériences et analysent ensemble les réussites comme les difficultés.
Cette démarche collective permet de progresser plus rapidement et de diffuser les enseignements au-delà du groupe initial, au bénéfice de l’ensemble des adhérents.
Une dynamique appelée à se poursuivre
Fort des enseignements acquis, Caudeval Conseil souhaite prolonger cette dynamique avec deux nouveaux projets de GIEE.
Le premier portera sur la valorisation du digestat autour de l’abattoir et de l’unité Bioquercy de Gramat. Le second s’intéressera à la production durable de l’herbe sur le territoire du Villefranchois.
L’objectif reste le même : construire des références locales, issues du terrain, pour accompagner les exploitations vers davantage d’autonomie, de performance économique et de résilience.

Le GIEE en quelques mots
Un Groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE) réunit des agriculteurs qui expérimentent collectivement de nouvelles pratiques conciliant performance économique, environnementale et sociale.
Le projet CAUVALPRO est accompagné par Caudeval Conseil et bénéficie d’un financement de la DRAAF Occitanie. Il repose sur trois principes : partir des besoins exprimés par les exploitations, expérimenter collectivement sur le terrain et partager les résultats afin de faire progresser les pratiques de l’ensemble de la profession.



