Élevage bovin viande – Race Limousine
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Quel est votre parcours ?
Nous sommes Daniel et Michel Thuery., éleveurs au GAEC de Cancerle, situé à Goutrens.
Il s’agit d’une exploitation familiale : Daniel s’est installé avec nos parents en 1986, puis J’ai rejoint le GAEC en 1998.
Avant de m’installer, j’ai travaillé chez natera d’abord au magasin de Saint-Christophe, puis comme technico-commercial sur le terrain.
Nous sommes aujourd’hui spécialisés en bovin viande de race Limousine. Lors de l’installation de Daniel, le troupeau était composé de bovins croisés ; le choix a ensuite été fait de passer en Limousine, un vrai tournant pour la ferme.
Pouvez-vous nous parler de votre exploitation ?
Notre troupeau compte 225 mères Limousines, avec la particularité des vêlages à 2 ans.
Nous avons recours à l’insémination artificielle (IA), avec une période de vêlage concentrée de fin août à fin d’année.
Le fait que tout vêle au même moment simplifie énormément l’organisation :
écornage, suivi, gestion du troupeau… la logistique est plus simple et plus efficace.
Nous sommes adhérents au Herd Book Limousin depuis les années 1990, et également à Bovin Croissance. L’objectif était clair dès le départ : produire des animaux de qualité et valorisables en reproduction. Nous avons été accompagnés par les équipes techniques et commerciales pour structurer cette démarche. Quand on est jeune et motivé, il faut oser se lancer.
Nous travaillons 100 % à l’herbe, sur une surface totale de 237 hectares, complétée par de l’achat de foin sur pied chez quelques voisins. Environ la moitié des terres est en propriété, le reste en fermage. Nous ensilons 85 hectares et le reste est pâturé, l’aliment et la paille sont achetés.
La valorisation des animaux
Le troupeau est inscrit au Herd Book Limousin, avec des débouchés en : reproduction, broutards et vaches de réforme. Certaines vaches de réforme sont valorisées sous Label Blason Prestige. Nous avons un taux de renouvellement élevé de 25%.
Nous sommes engagés depuis plus de 20 ans dans le Label Blason Prestige pour les vaches de réforme. À l’origine, c’était un choix fort pour mieux valoriser nos animaux. Aujourd’hui, même si l’écart de valorisation est un peu moins marqué, cela reste un gage de qualité, de reconnaissance du travail réalisé et de valorisation des filières locales.
Les bovins sont abattus à l’abattoir de Rodez, puis la viande est commercialisée notamment aux Halles de l’Aveyron.
Certains mâles sont également orientés vers des stations de sélection comme Gélioc ou Lanaud.
Depuis quand travaillez-vous avec la coopérative ?
Nous travaillons avec Natera depuis de nombreuses années. Le magasin de Saint-Christophe est situé à seulement 6 km, ce qui est un vrai atout au quotidien. Nous sommes également clients :
- de l’agroéquipement via Cadauma pour les tracteurs,
- de l’OP bovine et de la section reproducteur Bovidoc.
Nous sommes bien accompagnés par les équipes techniques. Même si nous sommes majoritairement en prairies naturelles et temporaires de longue durée, et donc pas de gros consommateurs d’intrants, nous utilisons régulièrement de l’aliment.
Philippe Arribat et Vincent Puechberty nous rendent visite pour ajuster les formules et vérifier que tout est cohérent avec nos objectifs.
Qu’est-ce qui fait la différence pour vous ?
La proximité, avant tout. Pouvoir rejoindre un magasin en 5 minutes, quand on a un besoin urgent, c’est essentiel. Le contact avec le technico-commercial est également primordial.
Même avec une coopérative de la taille de Natera, notamment après la fusion, ce maillage de proximité reste très différenciant. C’est la même chose pour Cadauma : devoir faire 2 heures de route pour une pièce en pleine période d’ensilage, ce serait ingérable.
Aujourd’hui, la force de la coopérative, c’est clairement cette proximité terrain.
Quels sont aujourd’hui vos principaux défis ?
Le changement climatique est une vraie préoccupation. Les hivers sont de plus en plus doux, ce qui complique la gestion des insectes et du parasitisme. Un vrai hiver ferait parfois du bien. Pour l’instant, nous avons été relativement épargnés par les grandes maladies observées sur d’autres territoires, mais l’incertitude est permanente et cela génère du stress.
Avec les normes sanitaires actuelles, une impossibilité de vendre des animaux pendant un an impliquerait beaucoup de place a gérée et une trésorerie solide. C’est une pression quotidienne.
Et la question de la reprise des exploitations ?
À ce jour, aucune reprise n’est identifiée pour nous, Sur la commune, on est passé de 80 exploitations à 40, puis aujourd’hui à environ 20. Les fermes sont de plus en plus grandes, ce qui complique fortement l’installation. Pour un jeune qui sort d’école, l’investissement financier est colossal, avec de très grandes surfaces à reprendre.
Beaucoup d’agriculteurs ont aujourd’hui 55 ans et plus, et la question de la transmission va devenir un enjeu majeur dans les années à venir et nous ne sommes aussi concerné par cette problématique.





